Les Films d'Antonin

22 août 2021

Le Mystère Des Jonquilles (1h20, 2014) de Jean-Pierre Mocky

Avec Jean-Pierre Mocky,  Richard Bohringer, Isabelle Nanty, Denis Lavant, Laura Mélinand, Alain Bouzigues, Bing Yin, Michel Bertay, Laurent Biras, Frédéric Boismoreau, Olivier Sauton, Emmanuelle Weber.

Un film policier à la sauce Mocky. Un cadavre, des jonquilles sur sa poitrine. Des enquêteurs, Jean-Pierre Mocky lui même en membre de Scotland Yard, avec Isabelle Nanty en policière, mènent l'enquête (la crédibilité est très faible!). Le tout dans un milieu bourgeois et capitaliste. Où Jean-Pierre Mocky en profite bien sûr pour faire passer sa vision. Et traiter cela à sa manière. Et avec son sens de la distribution, toujours phénoménal. Le roman de départ est anglais, et le côté britannique est conservé (les noms de personnages par exemples) et cela donne un côté anachronique à l'ensemble qui fait partie de la geste artistique de Jean-Pierre Mocky.

L'ensemble fonctionne. Le réalisateur sait y faire: il arrive à maintenir dans l'ensemble une cohérence, malgré les incohérences apparentes; il sait découper une scène et possède un savoir-faire pour monter tout cela. Et il sait marquer et rendre intéressant ou reconnaissable un personnage, même s'il apparait peu au cours du film.

Nous suivons l'intrigue. Et elle n'est peut-être pas assez déjantée, pour le coup. La direction d'acteur peut paraître rugueuse ou décalée, mais cela donne une patine au film. Et l'intrigue est secondaire, il faut le reconnaitre, car c'est le bestiaire Mockien qui nous intéresse: Bohringer, Nanty, Lavant, mais aussi Bin Yin, Laura Mélinand ou Alain Bouzigues.

Le Mystere des Jonquilles [Blu-Ray]

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Les Incorruptibles (The Untouchables, 1h59, 1987) de Brian De Palma

Avec Kevin Costner, Sean Connery, Charles Martin Smith, Andy Garcia, Robert De Niro, Billy Drago, Patricia Clarkson, Jack Kehoe, Brad Sullivan.

Rattrapage pour ce film, succès commercial, rare pour Brian De Palma (il n'en aura pas avant le premier Mission: Impossible en 1996, soit neuf ans après), le premier sur ses épaules pour Kevin Costner, épaulé il est vrai par la grosse star du film, Sean Connery, mais aussi par Andy Garcia, Billy Drago ou Robert de Niro. Le film est curieusement très académique pour le réalisateur, sans moment de mise en scène vraiment mémorable (le ralenti parait ridicule dorénavant sur la séquence de l'escalier dans la gare à la fin).

La musique d'Ennio Morricone change un peu et le compositeur sort de ses schémas habituels.

Le patron du scénario est très classique: constitution d'une équipe, chacun de ses membres étant complémentaires au niveau de ses talents, puis ils apprennent à ce connaitre, enfin c'est l'action et l'affrontement et enfin c'est l'épilogue avec les dégâts collatéraux et bilans.

Le film laisse une impression de manque. Il manque peut-être de violences. La mise en scène de Brian De Palma n'est peut-être pas assez intemporelle.

Les Incorruptibles [Édition Collector]

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Le Bagarreur (Hard Times, 1h33, 1975) de Walter Hill

Avec Charles Bronson, James Coburn, Jill Ireland, Strother Martin, Margaret Blye, Michael McGuire, Felice Orlandi. 

Premier film de Walter Hill, qui dispose d'une belle distribution, pour un film historique pendant la grande Dépression. Charles Bronson, mutique et monolithique, arrive, nous ne savons rien de lui, participe à l'histoire, puis nous n'en savons toujours rien lorsqu'il repart. Il utilise ses talents de boxeur à mains nues pour se faire de l'argent rapidement dans des combats que son acolyte occasionnel (James Coburn, parfait) organise, lui principalement par ce qu'il est joueur et endetté. Charles Bronson a une tentative de liaison avec Jill Ireland, un peu inutile, car nous comprenons très vite qu'il n'est pas ouvert à avoir une relation amoureuse. Le mutisme du personnage est tel que nous imaginons que les scénaristes ont imaginé cette sous-intrigue pour lui donner de la chair, de l'humanité, mais cela parait superficiel.

Ajoutons à la distribution, Strother Martin dans le rôle du médecin de James Coburn.

Le film est à la fois conventionnel et classique, fluide et prévisible. Un premier film très classique et académique pour Walter Hill, dans le bon sens du terme. Une histoire simple, que nous suivons jusqu'au bout.

Le bagarreur [Blu-Ray] [Version intégrale restaurée en 4K]

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Kalidor - La Légende Du Talisman (Red Sonja, 1h29, 1985) de Richard Fleischer

Avec Arnold Schwarzenegger, Brigitte Nielsen, Sandahl Bergman, Paul L. Smith, Ernie Reyes Jr., Ronald Lacey, Pat Roach, Terry Richards, Janet Agren, Donna Osterbuhr.

Kalidor, le film, c'est Brigite Nielsen (Red Sonja, le titre original), une découverte de Dino De Laurentis, qui interprète une guerrière qui cherche à se venger: sa sœur a été victime de la méchante Sandahl Bergman, parfaite et ambiguë comme il se doit. Elle croise sur son chemin Kalidor, Arnold Schwartzenneger, qui l'aide dans sa quête, dans un rôle secondaire (bien qu'il apparaisse en gros sur l'affiche). Brigitte Nielsen possède un physique intéressant, mais son interprétation est limitée.

Le film est rythmé par des séquences d'action, assez réussies, signées Vic Armstrong.

Les éléments que nous retenons du film sont ses décors et costumes, relativement délirants et impressionnants. Ces décors conduisent à des éléments spectaculaires. Et l'autre élément que nous retenons est le duo comique constitué de l'enfant roi et de son subalterne qui veille sur lui: Ernie Reyes Jr et Paul L. Smith dans un duo comique, et dramatique, réussi.

Tout cela n'est qu'un prétexte (rebondir sur l'heroic fantasy, exploiter la popularité d'Arnold Schwartzenegger, qui était entre Terminator - 1984 - et Commando - 1985 -), mais mis en œuvre par des pointures dans les départements techniques: mise en scène (Richard Fleischer), photographie (Giuseppe Rotunno), décors (Danilo Donati, présent sur beaucoup de film de Federico Fellini), musique (Ennio Morricone). Ce qui sauve le film au final et le sauve du "sans intérêt".

Kalidor - Blu-Ray de Richard Fleischer

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Bronco Apache (Apache, 1h31, 1954) de Robert Aldrich

Avec Burt Lancaster, Jean Peters, John McIntire, Charles Bronson, John Dehner, Paul Guilfoyle, Ian MacDonald, Walter Sande, Morris Ankrum, Monte Blue.

Superbe western, qui prend le point de vue de l'indien Massaï, camarade de Géronimo, qui refuse de se rendre et d'être parqué. Burt Lancaster interprète Massaï, de manière électrique: il bouge, il saute, il court, il frappe, avec une débauche d'énergie impressionnante.

Le film va à l’essentiel: pas de plan de coupe avec des paysages. Tout va très vite. Sa reddition forcée, son transport vers la réserve et son évasion, sa rencontre avec l'indien qui vit comme les blancs (belle séquence), son retour, sa nouvelle capture, sa nouvelle évasion et son entrée en rébellion: il part seul, mais une squaw le suit (Jean Peters dans une performance très physique: est elle battue, attachée, trainée par terre par Massaï) et fonde un foyer puis devient agriculteur, puis l'armée le retrouve.

Pour se terminer, pas dans le drame comme nous l'imaginions, mais par le transfert vers l'enfant  de Massaï qui vient de naitre. Très belle séquence finale, qui parait peu vraisemblable, mais qui contente le spectateur. Le tout en 90 minutes, sans mousse inutile, tout s'enchainant très vite pour la jubilation du spectateur.

Sachant que la même année Robert Aldrich réalisait un autre chef-d'oeuvre, Vera Cruz (1954). Quelle année!

Bronco Apache [Édition Spéciale Combo Blu-Ray + DVD]

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Ip Man 3 (Yip Man 3, 1h45, 2015) de Wilson Yip

Avec Donnie Yen, Lynn Xiong, Jin Zhang, Mike Tyson, Patrick Tam, Karena Ng, Louis Cheung, Kent Cheng, Ka-Yan Leung, Danny Kwok-Kwan Chan, Babyjohn Choi.

Le pauvre Ip Man, maitre du wing chun, qui a formé Bruce Lee, est la vache à lait des scénaristes pour un sous-genre du film de Kung-Fu: le film de Ip Man.

Ici, il n'y a pas de surprise. L'interprétation et la direction d'acteur manquent de subtilité. Comme à chaque fois. Il doit y avoir une explication rationnelle. Est-ce le manque de subtilité de Wilson Yip? Probablement pas, car cela ne semble pas dépendre du réalisateur. Le sourire permanent de benêt de Donnie Yen est crispant et fait penser un temps à un sketch du SNL. Mais non. Heureusement il perd son sourire, car sa femme se retrouve avec un cancer (belle performance fonctionnelle de Lynn Xiong, toujours aussi charmante). Jin Zhang est plus crédible au niveau de l'interprétation, et tout aussi doué au niveau du wing chun (sa contribution aux combats est de bon aloi).

Néanmoins les combats sont bien là, à intervalles réguliers et très violents: la narration est uniquement structurée autour de ceux-ci, les scénaristes devant imaginer des transitions qui conduisent à ces combats tout en complétant les personnages. En particulier pour notre Ip Man, alias Donnie Yen, un arc dramatique avec sa femme, atteinte d'un cancer qui ne peut être soigné. Trois scénaristes sont crédités, cela laisse dubitatif...

Néanmoins, pour la castagne, le film répond à son cahier des charges et les combats sont divertissants, secs et teigneux.

Ip Man 3 Poster

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Une Affaire De Détails (The Little Things, 2h08, 2021) de John Lee Hancock

Avec Denzel Washington, Rami Malek, Jared Leto, Chris Bauer, Michael Hyatt, Terry Kinney, Natalie Morales, Isabel Arraiza, Joris Jarsk, Glenn Morshower, Sofia Vassilieva.

John Lee Hancock continue son chemin dans le cinéma états-unien. Et reste intéressant, car ses films sont toujours remplis de qualités. Nous lui devons deux films majeurs de Clint Eastwood: scénariste d'Un Monde Parfait (1993, et accessoirement un des meilleurs films de Kevin Costner) et de Minuit Dans Le Jardin Du Bien Et Du Mal (1997). Et lui même reste toujours un réalisateur intéressant: par exemple son Alamo (2004) n'est pas déshonorant, ou The Highwaymen (2019) est très recommandable.

Ici il se confronte à un sous-genre du film policier, le film de tueur en série, ici vite présumé identifié, mais toujours dans l’ambiguïté, y compris à la fin ou le film laisse ouverte beaucoup de portes.

Le film est très bon, grâce à diverses ambiguïtés, et ceci pour chacun des personnages: Denzel Washington, Rami Malek ou Jared Leto. A ce titre, le seul défaut du film est le personnage (ou l'interprétation) de Rami Malek, qui bascule dans le dernier quart du film et se laisse manipuler au point d'enfreindre les procédures de la police, ce qui parait peu crédible à la vue de tout ce que le personnage a fait en préalable.

Sinon, Denzel Washington excelle dans ces rôles de monsieur tout le monde, avec beaucoup de traumas que des séances de psychologues aideraient à faire passer, mais qui n'auront jamais lieu. Jared Leto compose encore et avec brio un personnage hors norme avec une transformation physique qui rend l'acteur méconnaissable.

Une affaire de détails Poster

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Le Dernier Des Géants (The Shootist, 1h40, 1976) de Don Siegel

Avec John Wayne, Lauren Bacall, Ron Howard, James Stewart,  Scatman Crothers, Richard Boone, Hugh O'Brian, Bill McKinney, Harry Morgan, John Carradine, Sheree North, Rick Lenz.

Don Siegel met en scène et dirige le dernier film et le dernier western de John Wayne, qui interprète ici une vielle légende de l'ouest, as de la gâchette, que tout le monde connait, en phase terminale de son cancer qui organise son assassinat (alors que John Wayne était en rémission de son propre cancer à la ville)... Il s'agit donc d'un film au contexte très lourd.

La distribution autour de John Wayne est superbe: Lauren Bacall (qui loue des chambres et qui héberge John Wayne pour ses derniers jours), James Stewart (dans le rôle du médecin qui annonce la mauvaise nouvelle), Richard Boone (en méchant, faiblement caractérisé; il est méchant car on nous dit qu'il l'est), Scatman Crothers (avant qu'il ne reçoive un coup de hache de Jack Torrance) et Ron Howard (dans le rôle du fils de Lauren Bacall). Tous parfaits dans leur complément autour de la star.

Les scènes entre John Wayne et Lauren Bacall sont subtilement écrites. Et au total le film est bien écrit (le défaut est la caractérisation des méchants, qui sont énoncés comme tels, mais le film se concentre surtout sur la relation avec Laurent Bacall et avec son fils). Ce qui fait que ce western urbain et automnal fonctionne, reste visionnable et ne manque pas de panache.

Le Dernier des géants Collector [Édition Collection Silver Blu-Ray + DVD]

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Le Maître De Guerre (Heartbreak Ridge, 2h10, 1986) de Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Marsha Mason, Everett McGill, Moses Gunn, Eileen Heckart, Mario Van Peebles, Arlen Dean Snyder, Bo Svenson.

Clint Eastwood inaugurait en quelque sort sa veine "vieux bougon au grand coeur"? Dont les jalons sont ce Maitre de Guerre, Grand Torino (2008), La Mule (2018). Et sûrement d'autres, car il est vrai que beaucoup d'autres films possèdent des caractéristiques similaires, mais ces trois sont caractéristiques. Bougon, inapte à la vie de famille (et fâché avec sa famille), remplie de préjugés, mais qui se révèlera avec certaines qualités; caractéristiques qui permettent de raconter une histoire avec la carcasse vieillissante ou vieille de Clint Eastwood.

Cette production Malpaso est donc taillée pour Clint Eastwood. Première partie, prologue, nous le découvrons en prison et saoul, puis il prend son nouveau poste et doit remettre en forme le peloton d'éclaireurs: préparation et entrainement, confrontation avec la hiérarchie (Everett McGill, très bon). Il finit par avoir une reconnaissance de ses soldats. Puis le film se termine par une vraie intervention militaire, légère, mais réelle.

Le film est jubilatoire grâce à ses dialogues vulgaires et très amusants: beau travail de James Carabatsos (avec des contributions de Dennis Hackin et Joseph Stinson). Le film est bien sûr dans l'affrontement entre le sergent Highway et ses jeunes soldats: choc des générations avec une préoccupation très professionnelle pour le sergent Highway qui doit les former. Et aussi dans l'affrontement avec se hiérarchie (une constante de beaucoup de films). Ne pas négliger dans l'intérêt que suscite le film, la relation avec son ex-femme est aussi bien écrite et empreinte d'un réalisme certain.

Le Maître de Guerre [Blu-Ray]

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American Nightmare 2: anarchy (The Purge: Anarchy, 1h43, 2014) de James DeMonaco

Avec Frank Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gilford, Kiele Sanchez, Zoë Soul, Justina Machado, John Beasley, Jack Conley, Noel Gugliemi, Castulo Guerra, Michael Kenneth Williams, Edwin Hodge, LaKeith Stanfield.

Le premier épisode nous montrait une famille aisée assiégée et agressée pendant la purge annuelle. Cette suite se concentre sur ce qui se passe dans la rue, en suivant des individus qui à un moment donné deviennent un groupe.

Le film est plus sombre, plus violent et plus politique (que le premier de franchise). Avec en ligne de mire le fait que la purge diminue le chômage, en tuant les pauvres. Mais aussi que le gouvernement en profite pour tuer plus de monde et paie des tueurs pour cela, en tuant des gens dans la rue au hasard. Et le film montre aussi que les nantis kidnappent des pauvres dans la séquence où les pauvres servent de gibier pour le défoulement des riches.

Le film est donc plus fort et explore le concept, dans ses dimensions politique et sociétale, mais aussi du point de vue des individus: le collègue qui profite de la purge, les règlements de compte au sein d'une famille, les clients éconduits qui reviennent se venger. Etc.

La progression est parfaite et le film dense. Le petit groupe se retrouve dirigé par Franck Grillo, en mâle dominant (à l'insu de son plein gré: ce sont les autres qui le suivent) qui doit aller tuer quelqu'un pour se venger, mais qui est sensible et a de l'empathie pour certaines personnes.

C'est très violent et noir, mais cela fonctionne parfaitement.

American Nightmare 2 : Anarchy [Blu-Ray]

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