Les Films d'Antonin

23 mai 2020

Aurore (2017) de Blandine Lenoir

Avec Agnès Jaoui,  Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Nicolas Chupin, Samir Guesmi, Sarah Suco, Philippe Rebbot, Eric Viellard.

Bande-annonce AuroreAurore, a la cinquantaine, et tous les problèmes qui vont avec: le chômage (elle vient de quitter son job dans un restaurant), la ménopause (son age), elle élève seule sa fille, qui se retrouve enceinte (elle va être grand-mère, quelle horreur), son ex-mari est à côté de ses pompes, et elle croise son premier amour. Bref, rien ne va. Pour ne pas aider, elle a une amie complètement siphonnée (Pascal Arbillot, excellente) qui lui donne quelques conseils, pas forcément lumineux.
Ceci est le point de départ de ce film sympathique, plutôt humoristique sans être lourd (ce n'est pas une comédie, car le drame des différents personnages est le premier moteur).
L'ensemble des personnages sont très bien écrits et marquent vite la mémoire du spectateur (ils sont rapidement caractérisés, en quelques secondes). C'est au total une belle histoire, centrée sur une femme au tournant théorique de sa vie. Le film n'est pas donneur de leçon, que ce soit socialement et sociétalement. Il possède un juste équilibre sur l'ensemble des sujets évoqués.
Et Agnès Jaoui est parfaite.

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Dérapages (2020) de Gilles de Verdière et Ziad Doueiri

Avec Eric Cantona, Suzanne Clément, Alex Lutz, Alice de Lencquesaing, Gustave Kervern, Louise Coldefy, Vincent Desagnat.

Série télé de six épisodes de cinquante minutes. Avec pour sujet, un vieux directeur des ressources humaines d'une PME, chômeur de longue durée à la cinquantaine, qui se retrouve embarqué dans une histoire de fausse prise d'otage pour tester des cadres de haut niveau sur leur résistance en vue de leur confier le licenciement de 1500 personnes.
Aus der Spur PosterLa série a du mal à démarrer, mais elle devient intéressante à partir du troisième épisode, lorsque nous comprenons que notre DRH oriente la prise d'otage pour se servir lui même. Ensuite il est difficile de deviner ce qui va se passer et comment tout va se terminer. Le scénario est malin.
Le film combine différents genres, le film de prison, le film sociétal. Côté film social, nous sentons que c'est une des ambitions du film, mais nous n'y croyons pas et les autres intrigues écrasent cette thématique.
La direction d'acteur n'est pas subtile (Eric Cantona) voire ratée (Gustave de Kervern). Si le talent d'Eric Cantona n'est pas à démontrer, l'égoïsme de son personnage gêne et empêche l'empathie avec lui. Le principal défaut du film est son manque de subtilité.
Mais nous restons toujours curieux de savoir ce qu'il va se passer dans la suite. L'intrigue est suffisamment bien faite pour introduire à chaque épisode des surprises qui orientent le drame vers des pistes que nous ne soupçonnions pas.
La dimension sociale du film est masquée, oblitérée par le film de prison et par l'intrigue (le licenciement des 1500 personnes ou la dureté de la vie d'un quinquagénaire au chômage).
À noter l'interprétation très réussie et subtile d'Alex Lutz en grand patron du CAC 40.

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Brooklyn Affair (Motherless Brookyn, 2019) de Edward Norton

Avec Edward Norton, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin, Bobby Cannavale, Willem Dafoe, Bruce Willis, Michael Kenneth Williams, Ethan Suplee.
Bande-annonce Brooklyn Affairs

Nous nous attendions à un film Noir. Ce n'en est pas vraiment un. Il y a bien un meurtre initial, celui d'un détective privé. Ses équipiers décident d'enquêter pour savoir pourquoi il a été assassiné. Visiblement pour des sujets liés à la mairie de New York et des projets immobiliers.
La mise en forme du film est nominale, un peu fade. Mais le film reste très sympathique grâce à son histoire qui change des intrigues usuelles: pas d'éléments sordides et meurtres violents ici. Mais des entrepreneurs immobiliers qui souhaitent nettoyer New York de sa population de pauvres (i.e. afro-américains, hispaniques). Avec Alec Baldwin en méchant qui s'assume et qui jubile d'interpréter un personnage aussi détestable. L'intrigue croise donc des activistes pour défendre les pauvres de New York, une boîte de jazz, des élus corrompus, des entrepreneurs sans scrupules.
Le film contient de belles séquences grâce au personnage qu'interprète lui-même Edward Norton, personnage atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, qui va d'une boite de Jazz aux salons des nantis en passant par une manifestation pour le droit au logement, pour aboutir à une histoire sentimentale.

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Les Traducteurs (2019) de Régis Roinsard

Avec Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Riccardo Scamarcio, Sidse Babett Knudsen, Eduardo Noriega, Sara Giraudeau,  Alex Lawther, Anna Maria Sturm, Frédéric Chau.

Bande-annonce Les TraducteursNous décelons l'ambition de réaliser un grand film à l'intrigue tordue, avec le canevas type du film à mystère et ses surprises à intervalles réguliers. Mais la sauce ne prend pas. Trop de personnages. Une direction d'acteur peu subtile avec des personnages très, voire trop typés. Cela va peut être trop vite: la durée est trop courte (il dure quand même 1h45) pour gérer avec subtilité toutes les articulations.
Le film a le mérite de parler du métier de traducteurs, dans le contexte de la traduction d'un roman très attendus. Un groupe de traducteurs pour ce nouveau roman futur best seller est réuni dans le secret pour le traduire. Tout est fait pour qu'il n'y ai pas de fuite sur le roman, mais il y a des fuites pendant la traduction. Et l'éditeur, Lambert Wilson, très bon, cherche à savoir qui fait fuiter les informations, et comment.
Coté distribution il y a par contre une belle brochette d'acteurs.
Mais le film ne marche pas car, même si nous comprenons l'histoire, nous n'éprouvons aucune empathie pour aucun personnages. Ils et elles sont trop caricaturaux, et pour certains peu sympathiques. Tout est schématique et trop direct. Le film manque de subtilité. Nous nous moquons de ce qui arrive à chacun des personnages.
Par contre le film est écrasé par une tartine de musique, lourdingue et trop présente.

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Café Society (2016) de Woody Allen

Avec  Steve Carell, Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively, Parker Posey, Corey Stoll, Ken Scott, Anna Camp.

Bande-annonce Café SocietyNous sommes en présence d'un savoir-faire certain et ceci est indéniable . Le film est très écrit et bénéficie d'une direction d'acteur très professionnelle très efficace, mais peu subtile. La caméra est très dynamique et semble en permanence en mouvement. Évidemment les productions values sont superbes avec un magnifique travail au niveau de la photographie et aussi au niveau des décors et  costumes.
Nous sommes moyennement intéressés par l'histoire, mais nous sommes quand même intéressés et curieux de savoir comment elle va évoluer au cours du temps. Grâce au fait qu'elle se déroule dans un milieu proche de Hollywood dans les années trente.
La musique jazz casse un peu les oreilles.
Du côté des acteurs nous apprécions Steve Carell qui a un jeu plus subtil que d'habitude. Jesse Eisenberg est nominal: il est dans son interprétation type qu'il reproduit dans tous les films où il apparaît (attention, il faudra veiller à se renouveler). Le personnage de Kirsten Stewart est le plus intéressant parce que pas monolithique et ne sachant pas trop vers quoi il évolue.
Woody Allen reste un bon représentant de l'académisme et de la grande tradition du cinéma de Hollywood, justement.

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Vol Au Dessus D'Un Nid De Coucou (One Flew Over the Cuckoo's Nest, 1975) de Milos Forman

Avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, Will Sampson, Michael Berryman, Scatman Crothers, Danny DeVito, Christopher Lloyd, Brad Dourif, Alonzo Brown, Peter Brocco, Dean R. Brooks, Mwako Cumbuka, William Duell, Josip Elic.

Bande-annonce Vol au-dessus d'un nid de coucou

Revoir Vol au-dessus D'Un Nid De Coucou fait obligatoirement penser à The Shining (1980) car les mimiques de Jack Nicholson font écho. C'est bien le même acteur, les mêmes mimiques, les mêmes grimaces. Sans parler de Scatman Crothers, le gardien de nuit, qui permettra le final du film.
Le film reste une machine redoutable d'adhésion : cette histoire de malades mentaux rappelle beaucoup de gens qui ne sont pas fous. Chacun de ces personnages possède beaucoup de raisonnante et de comportements de gens "normaux".
Par contre, le personnage de Jack Nicholson, inadapté, colérique, violeur est le vilain petit canard. Jack Nicholson fait le show. Mais le personnage n'est pas malin et se laisse attraper alors qu'il avait la possibilité de s'échapper. Il ne suscite pas d'empathie, mais à travers l'agitation qu'il provoque il permet l'empathie vers divers personnages. Avec bien sûr le personnage de Brad Dourif en tête, ou l'indien géant (Will Sampson).
Pour contrer ces personnages attachants (les malades mentaux), Louise Fletcher a le rôle pas facile de l'infirmière peau de vache que tout le monde déteste, y compris les spectateurs.
Le scénario est implacable, avec une mécanique qui arrive à faire accepter l'assassinat du légume et l'évasion de l'Indien.

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Sybil (2019) de Justine Tiret

Avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel, Sandra Hüller, Laure Calamy, Niels Schneider, Paul Hamy, Arthur Harari, Adrien Bellemare, Lorenzo Lefèbvre, Aurélien Bellanger, Philip Vormwald.

Bande-annonce SibylCurieux film, très écrit, très dense. Reposant sur deux personnages: un des plus inintéressants, celui d'Adèle Exarchopoulos, actrice, égoïste, perdue (peines sentimentales) qui va chercher de l'aide auprès d'une psychothérapeute (Virginie Efira, impressionnante comme à chaque fois) qui est en train d'arrêter son métier pour devenir écrivaine.
Le personnage de l'actrice n'est qu'un prétexte pour faire bouger le personnage de Sybil (Virigine Efira). La psy va suivre l'actrice sur son tournage et va s'immiscer dans la vie sentimale de sa cliente, de l'acteur principal du film, et de la réalisatrice, et ceci à l'insu de son plein gré. Lorsque nous voyons  comment Virigine Efira donne de sa personne, nous comprenons pourquoi elle a été choisie par Paul Verhoeven pour son Benedetta (2021). Elle est impressionnante avec une palette très riche, variée, avec diverses variations sur son physique. Son personnage reste néanmoins mystérieux; nous ne comprenons pas toujours ses motivations.
Au total, cette histoire complexe composée de multiples lignes dramatiques emmène le spectateur vers un résultat qui n'a que peu d'hystérésis, hormis Virginie Efira.

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Pawn (2013) de David A. Armstrong

Avec Nikki Reed, Ray Liotta, Jessica Szohr, Forest Whitaker, Stephen Lang, Sean Faris, Marton Csokas, Common.

Bande-annonce Pawn
Excellente série B qui raconte un cambriolage (récupérer un disque dur dans le coffre d'un restaurant) qui ne réalise pas comme prévu, ce qui est bien normal, mais qui se révèle très tordu au fur et à mesure de la progression, avec intervalle régulier une surprise.
Le film mélange flic ripoux, ancien taulard qui cherche à se racheter, flics pas ripoux, mafia russe. Pour un ensemble qui fonctionne avec une tension bien dosée, des moments de violence, de nouvelles informations qui modifient la compréhension que le spectateur a de certains personnages. Tout se situe presque dans le restaurant, sauf l'épilogue. Le film est teigneux, juste ce qu'il faut. Le metteur en scène est un directeur de la photographie de séries télévisées, très expérimenté, dont c'est la deuxième réalisation.
Le scénario comporte des incohérences sur certains personnages, mais il fonctionne et gère bien de multiples retours en arrière qui permettent de revoir la même scène sous un angle différent et en perspectives d'autres séquences dramatiques.
La distribution est riche en trognes que nous avons vues déjà ailleurs, dans des rôles similaires (le type casting fonctionne à fond): Common, Ray Liotta, Stephen Lang, Marton Csokas, Forest Whitaker.

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Chambre 212 (2019) de Christophe Honoré

Avec Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay, Vincent Lacoste, Kolia Abiteboul, Camille Cottin, Carole Bouquet, Stéphane Roger, Claire Johnston.

Bande-annonce Chambre 212Cette chambre 212 est un film très théâtral, très artificiel, qui ne suscite aucune empathie. Exercice de style qui a dû passionner le scénariste et réalisateur, nous n'en doutons pas, pour un résultat sympathique intellectuellement, qui manque singulièrement de subversion ou de brutalité, voire de mise en abîme à la Bertrand Blier.
Ceci étant dit, le film dispose d'une forte hystérésis : histoire très compliquée, avec mises en abîme récursives.
Benjamin Biolay fait penser à Droopy. Vincent Lacoste est très bon et cela lui change de ses rôles habituels et lui donne une maturité certaine: il joue un homme et non pas un jeune homme. Chiara Mastroianni est une découverte: elle est crédible, et son personnage, pivot, garde son mystère.
Le film possède une belle distribution, avec beaux acteurs qui jouent le jeu de la théâtralité.
Le film est dénué d'éléments sociaux et sociétaux. Il semble hors-sol et préoccupé uniquement par les problèmes sentimentaux de ses personnages. Ce qui est le et un bon sujet (ici ce n'est pas boy meets girl mais girl met boys) et un bon terreau pour des drames: ici Chiara Mastroianni nymphomane, trompe son mari depuis des années, Benjamin Biolay (avec le charisme d'un vertébré inférieur) mais l'aime encore.
Le film est ponctué de chansons assourdissantes et pénibles à intervalle régulier pour pallier à la paresse de la mise en scène.

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Seules Les Bêtes (2019) de Dominik Moll

Avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Damien Bonnard, Nadia Tereszkiewicz, Bastien Bouillon, Valeria Bruni Tedeschi, Jenny Bellay, Fred Ulysse, Roland Plantin.

Bande-annonce Seules Les Bêtes
Beau travail sur un scénario qui joue habilement des surprises, des pistes différentes, les mêmes scènes présentées sous un autre angle, avec de multiples mystères, et de multiples histoires, qui sont néanmoins accointées, ce que le spectateur comprend à intervalle régulier, ce qui l'aide à recoller les morceaux et à envisager des scènes déjà vues sous une autre dramaturgie.
Le film est une succession de différentes histoires, a priori sans lien, mais il y en a bien. Le film est une succession  de surprises et révélations, jusqu'à la dernière scène avant le générique de fin, qui contient aussi une surprise.
Le film arrive à être cohérent sans personnage principal ou acteur principal, avec des lieux géographiques très différents (par exemple, la Lozère avec sa ruralité, l'Afrique d'Abidjan avec les technologies numériques) et une multitude de décors et une histoire globale qui fait le lient entre tout, mais pas comme le spectateur peut s'y attendre ou y être habitué. C'est une de ses forces.
La distribution est une réussite et les quatre personnages principaux (Denis Ménochet, Laure Calamy, Damien Bonnard, Nadia Tereszkiewicz) sont parfaits.
Le tout étant ancré dans des éléments sociaux et sociétaux bien réels et d'actualité. Une belle réussite.

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